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vendredi 12 mars 2010

La fraicheur du nouveau venu

Bonjour à tous,
j'ai la chance d'avoir un jeune frère, qui grâce à des études studieuses dans les arts, des années de lectures pointues, un métier au coeur de l'actualité sociale, mais surtout qui grâce à la supervision patiente, pédagogique mais toujours musclée d'un grand frère attentif s'avère être aujourd'hui un trentenaire plein de talent qui a promené pendant quinze jours son regard et ses pinceaux avisés sur les gens et les paysages du continent. Il nous honore ci-dessous de ses impressions. A part ses digressions jalouses et inutiles sur le tarin de votre serviteur, il a presque tout bon:



La fraicheur du nouveau venu.
Considérez cette accroche comme la tentative d'expression dilettante, tourista d'à propos, d'un béotien nubile, l'œil vierge et pas vitreux, deux semaines (c'est peu) durant, dans la patrie de Pinochio, là où les chiens sont libres d'aller se faire écraser où bon leur semble.
Loin de vouloir faire de l'ombre a nos deux pileux globes-trotteux aux pieds désormais bien cornés (where the hell are they ?), je me permettrai d'évoquer juste ces quelques pittoresques curiosités qui font l'émerveillement de l'éphémère badaud à même de se faire mettre une main d'autochtone dans la poche où gisent ses papiers, dès lors qu'il emprunte le métro Alsthom de Santiago, le quinzième jour de sa villégiature... rassurez-vous heureux lecteurs, l'intrusion du corps étranger demeura stérile et l'intégrité du bien, sauve.

"Pickpocket" en espagnol se prononce "pickpocket".


SANTIAGO pour commencer :
Vitrine bourgeoise du Chili, je répète à qui veut l'entendre que cette ville croulera plus facilement sous l'oseille de rafraîchissantes compagnies transnationales, plutôt que sous ses propres combles, dussent-ils subir les assauts d'un séisme de magnitude forte... Un coup de projecteur et deux coups de balai pour qu'il n'y paraisse presque plus le lendemain, respect des normes de construction parasismiques obligent. Le Chili n'est pas Haïti : pas de "favelas" à Santiago, donc moins d'anarchie urbaine, plus de fric et plus de flics aussi... outre la circulation "fleur de peau" des automobilistes, l'ordre y règne.
Mon autochtone d'hôte, alias Pépito (sur la photo), m'expliquait le soir même où la terre tangua, l'entretien toujours d'actualité d'une élite quasi-exclusivement militaro-policière à tous les échelons politiques et économiques du pays... un héritage qui tiendrait plus à la volonté par les "Chicago boys chiliens", d'imposer les doctrines économiques de Millton Friedman sous Pinochet, que de la tradition militaire bolivarienne révolutionnaire plus septentrionale du continent, n'en déplaise à Allende. Pour ce que j'en sais, je dirais du pays aujourd'hui :

"Infrastructures solides, tartes au citron, extraction du cuivre, agriculture saine, présence teutonne historique, Caca Cola, police militaire incorruptible parce qu'entretenue, sandwichs à l'avocat mâtinés d'un patriotisme gras, Captain Americo (voir photo) et bien sour Pisco (photo), sont les mamelles du Chili."
C'est donc pas 24 heures de coupures d'électricité et d'eau, quelques gravats au sol et quelques routes gondolées qui peuvent mettre à mal le dynamisme latin des métropolitains chiliens. J'aurai quand même une pensée pour toutes ces familles qui dorment probablement encore sur le trottoir, à l'abri d'une toile de tente, essentiellement vers l'épicentre, à quelques 600 km au Sud de l'ébranlée mais pas traumatisée capitale.
Le centre, lorsqu'on y accède a pied, si tant est qu'une voiture ne vous ait pas légitimement roulée dessus, propose son lot mercantile d'achalandages urbains, plutôt moderne... rien qu'une architecture barococo-hidalgue pour l'ancien (250 ans), et neo-mac Donald pour le neuf, palmiers et montagnes offerts. C'est tout de même impressionnant de voir ces grands quartiers d'affaires siéger au beau milieu des Andes petites et grandes.

Sûr que les couleurs, en plus de celles omniprésentes du drapeau chilien et d'une certaine marque de boisson nord-américaine (encore elle !), y chatoient sur les rares façades coloniales de quelques quartiers en périphérie... mais pour le reste, le décor y est tout aussi terne, quoique amplement vitrifié, et pollué, que n'importe quelle métropole occidentale moderne et sans passé. Et ces clébards errants, vautrés de tout leur long sur les trottoirs : nonchalants, ils traversent l'autoroute comme on traverse un parc... incapables, même de mordre.
Je retiendrai surtout de mon passage à Santiago, l'hospitalité de nos deux musiciens d'hôtes, ceux du "Moai Viajero Hostel": Pédro et Tonino, francophiles déclarés, qui me firent entrevoir de manière moins superficielle, les aléas sismiques des soirées chiliennes extra-touristiques. Leur Nord est au Sud ! Comprenne qui pourra...
Je leur adresse un chaleureux "salud !" de dessous la neige, du Sud de la France.

VALPARAISO :
Je referai pas la brochure du port, bien connue de tous... j'évoquerai juste le pittoresque des collines alentours, régulièrement repeintes d'un badigeon bien gras, trempé dans la palette chargée d'un fauviste alcoolique, dont l'élève dissipé aurait paraphé chaque touche d'un crayon malicieux... j'ai beaucoup aimé, si si ! Très agréable de s'y perdre. Un petit quelque chose de salé aussi, qui ne doit rien à la mer... une façade maritime pourtant... asymétrique, secrète, clinquante, labyrinthe fragile mais bien monté, aux rondeurs innombrables, qui vous font pénétrer la ville d'un rapport plus intime, comme c'est souvent le cas sur les hauteurs de certains havres, accidents de rivage qui sont autant d'écueils où viennent s'échouer les filets d'écume vive. J'emménagerai plus tard. Pour ceux qui s'en foutent, j'ajoute que les "pies de lemon" y sont succulentes, muy bien !
Il semble y avoir une émulation culturelle autrement plus vivante qu'à Santiago et je remercie Jorge Martinez, excellent graveur s'il en est, de nous avoir généreusement ouvertes les portes de son atelier tout aussi grandement que celles de son germanophile "jardin des délices".

LA SERENA :
Sous le soleil exactement, station balnéaire, on y arpente les plages du Pacifique à la manière italienne et on y boit du Pisco, ça c'est sour... mais pas seulement : il se trouve que des kilomètres de littoral y battent le pavillon rouge de cette insupportable boisson gazeuse de gringos yankees de merde, pour qui la coca n'est bonne qu'à boire ou à sniffer, alors qu'elle est si facile à mâcher... Mieux vaut poser son regard sur une méduse morte ! Enfin, tant que l'eau n'est pas trop froide, autant prendre un bain sans faire de vagues...




C'est fou la quantité de petits hôtels à ciel ouvert qui prospèrent au Chili ! Tous plus confortables et charmants les uns que les autres, même s'il y en a probablement de plus sordides. On s'y attarde volontiers dans leurs cours et leurs cuisines, bien après l'excellent petit déjeuner servi par l'hôtelière et bien après la fermeture des restaurants... à quelques conditions près de vétustés dont on fait vite abstraction quand l'eau n'est pas trop rare, je dois dire que celui-là où je soignai mes coups de soleil, fut vécu tel un second chez-soi.
Je félicite Réka qui nous y cuisina merveilleusement bien de beaux filets de poisson avec leur garniture de légumes qui contentèrent jusqu'au grand Bigle, d'obédience culinaire pourtant Mousseline. Arrosez le tout d'un fort bon pinard chilien comme il y en a malheureusement tant (sic), dégustez en bonne compagnie et vous atteindrez à la dilatation parfaite de tous ces corps caverneux qui vous constitue un homme de haut en bas... On peut dire que j'en aurai gouté au Chili, des plaisirs de bouche ! Et quand y'en a pour trois, y'en a pour cinq (voir photo) !

SAN PEDRO :
Aux pieds des Andes sèches, on y mangeait des cactus quand il en restait encore quelques-uns. Peu ont réchappé des hallucinants appétits de touristes narcoteux demeurés depuis sur l'Alti-Plano, quand ils ne sont pas devenus vigognes. Il y a quatre espèces de camélidés en Amérique Latine, deux domestiques et deux sauvages, respectivement :
Le lama,
L'avocat,
La vigogne,
Et le guatémaltèque.





Fait chaud là-bas ! C'est sec comme un coup de trique sur le dos d'une anorexique ! peu d'eau, peu d'oasis, donc peu de douches... ou alors si courtes, parce que superflues dans le fond, quoique tellement nécessaires après un séjour bolivarien...
Onéreux tripot d'exotisme en torchis ("daub" chez les Atacamènes), il n'y serait plus qu'une kyrielle d'agences touristiques et de pizzerias, s'il n'était le petit musée belge d'anthropologie. Lieu de villégiature très prisé d'une certaine bourgeoisie locale qui prétend affronter l'aridité ambiante en tongues, de l'atrium d'un café "lounge"... c'est certainement un coin de transit. Les truffes fureteuses de chiens errants ont encore de beaux jours au sein des richement garnies poubelles municipales.
Bâtie sur les sables mouvants où l'on pratique le culte de soi, c'est une ville fantôme qui s'y précise à terme, hors saisons, dans un sublime décor d'apocalypse... n'envisagez pas d'y faire une cure d'ascétisme pieux... les anachorètes les plus mystiques y sont voués au pêché... Le temps n'a de cours que pour ceux qui en manquent... il s'arrête à San Pedro moyennant quelques pesos.
Situées en bordure :
La vallée de la mort, la vallée de la Lune, frêles cathédrales minérales, œuvres du vent, et la volée de mes burnes contre une selle de vélo, sont incontournables.

Sud Ouest de la Bolivie :
4000 mètres d'altitude en 24 heures et même pas mal au crane ! Quatre jours de 4X4 obsolète et même pas mal au c.. ! 35° sans ombre et presque aucun coup de soleil.
Le sublime me donne des ailes...
Sais pas quoi dire tellement c'est irréel de beauté ce boursoufflé, cet improbable paysage andin... ce minéral vomi d'une richesse inouïe... cette éructation de viandes célestes faites terre... ces turgescences et ces flaques de Titans... préfère encore laisser parler mes ridicules crobards de ces quelques magistrales montagnes dégueulantes de cuivre bleu, de souffre jaune, de veinules blanches, de machin rouge, de cactus verts, de touffes d'herbe jaune, de protubérances mousseuses, de sable gris, de déserts ocres, de rochers jetés là de la main d'un géant furieux, de ces quelques lagunes blanches, vertes, rouges et autres salars à vous couper l'oxygène pour de bon.
Pas de demi-teintes ici, j'en veux pour preuve la vêture locale traditionnelle, leur toute saturée teinture textile. Voyez l'interprétation géologique et minérale de Mantegna sur la prédelle du Retable de San Zeno...

Une région aux dimensions insoupçonnables, totalement vierge de toute présence vivante autre que des soldats, des mineurs, des éleveurs de lama et bien sûr des touristes.
Vous cherchez de l'eau consommable ? il n'y en a déjà plus ! Exubérances minérales à gogo, indigence publique à la pelle, le panorama est aussi fascinant qu'est pauvre le pays... l'environnement aussi somptueux que les cités sont sales. Mais qu'est-ce que caguer dans une poubelle payante homologuée "chiottes publiques", dernier rempart national face aux concessions minières étrangères, quand il vous est permis de bronzer des fondements sur un salar, 4000 mètres au dessus de la mer ?

Même si l'urine de touriste se monte à 100 $ le jet dans la lagune, vous restez libre de vous retenir jusqu'à la prochaine madame pipi dont les semblables font bien moins de cas de leurs propres déchets à l'orée des villes... mais je prétendrai pas juger la société bolivenne que je ne connais pas et qui a bien du mérite de tenir à cette altitude sans infrastructures autres qu'étrangères, minimalistes par la force des choses, ou touristiques... j'ai juste eu l'impression d'approcher de loin un peuple homogène et fier qui ne s'embarrasse plus que de sa coca quotidienne.
Le lama qui crache et qui pète, a bien ça de commun avec le coq sur son fumier, qu'ils peuvent tous deux être hautains et coquets.
Mes hommages au chauffeur Pédro qui par une piste impraticable (autoroute locale), nous convoya de nuit, sans essuies glaces et sous la pluie.


Durant ce séjour, j'ai croisé tellement de touristes francophones que j'en perdis mon latin.
Handicapé de la langue, il m'était loisible de communiquer avec l'autochtone par l'entremise de compatriotes linguistiquement plus dégourdis que moi. Mais l'usage répandu du français parmi les promeneurs et mon laborieux baragouinage d'anglais impénétrable dans l'oreille indigène, ne m'eut certainement pas suffi à frayer tel que ce fut le cas, comme un poisson dans l'eau, dans les méandres du quotidien latino, sans l'aisance et la méthode de Réka et Nico qui m'assurèrent tout le confort d'un circuit balisé de A comme "atención !", à Z comme "zig-zag".
Je leur dois une vingtaine de jours qui feront date dans l'histoire de mon élévation personnelle d'un niveau supérieur à celui de la mer.

Pour tous les soins généreusement prodigués par elle et qui firent le salut de mes tendres pieds et son incontestable maintien dans le véritable ordre du grand Orient des médecins, pour toutes ses frappes chirurgicales en mots comme en images par delà la culture d'ananas en terrain plat, je dis : "Merci à toi la Hongroise !"
Et pour le reste frangin : y'a guère que ton nez qu'il faut changer...
Mes gratitudes béates pour l'aventure de toutes vos initiatives dans un Nouveau Monde qu'il m'a été donné d'effleurer grâce à vous deux.
Richard.

Et pour tous les croquis du gamin ainsi que pour un dernier rappel des des photos du Chili et de la Bolivie qvec Richard, c'est ci-dessous:


Chili, Bolivie, dernier rappel

jeudi 25 février 2010

Que te vaya bien, America Latina!

Bonjour à tous,


Premièrement, rassurez vous, tout le monde est sain et sauf, Santiago a tremblé, Richard et Nico le décriront dans une autre rubrique, ils y ont assisté en direct. Catastrophy, cat's ass trophy... Quant à moi, j'ai quitté le continent sudaméricain, juste avant le tremblement de terre, pour rejoindre la Guadeloupe via Miami, et Haïti. Le retour à la République s'est bien passé, mais c'est une drôle d'impression après 9 mois de vie de Globetrotteur, je suis très nostalgique de ce continent si attachant. On vous fera un débriefing plus complet plus tard, sur ce qu'on a préféré, ou pas aimé.

Richard nous écrira un post sur notre 2ème excursion en Bolivie, à Atacama, à la Serena et à Valparaiso, et probablement sur ses impressions du terremoto de Santiago. Voici une belle image des Bahamas, survolé sur la route vers la Guadeloupe. Le lien vers les photos Picasa du trip avec Richard est en bas de page.

En attendant, demain (lundi) c'est la rentrée. Et j'ai du mal à trouver l'inspiration pour écrire plus.


A la prochaine donc,
Votre Marie-Thérèse

Kedves olvasòk,

Mindenki épen van, Mikiéket ott talàlta Santiagòban a földrengés, de jòl vannak, talàn csak kedden kapnak egy repülöt Richardnak. En éppen ùtban voltam a magasban a földrengéskor, Miami felé; Haïti szigeten is megàllt a gép, a segélyt és az orvosokat letette. A fenti kép a repülöböl volt készitve, a Bahama korallszirte làthatò. Ez pedig itt fejjel lefele a Salar d'Uyuniban, Boliviàaban.

Most a francia gyarmaton, Guadeloupe szigeten vàrom a holnapi elsö munkanapot... csendes visszazökkenés a Köztàrsasàgba és a munkàba. Furcsa érzés visszajönni 9 hònap Màsvilàg utàn. Nosztalgiàs hangulattal hagytam ott ezt a kedves kontinenst. Richard, Miki testvére, ir egy bejegyzést hamarosan, elmeséli az ö szempontjàbòl àtélt Boliviàt, Atacama sivatagot, La Serena-t, Valparaiso-t és a santiagoi földrengést. Ez a kép az elsö és utolsò igazi chilei étteremböl szàrmazik.

Mi majd késöbb irunk Mikivel egy összefoglalòt, hogy mi tetszett a legjobban, mi nem; a hétvégén érkezik.

Puszi mindenkinek

Réka


Atacama & Sud Lipez II

samedi 13 février 2010

Santiago & Valparaiso

Kedves olvasók:

Visszajöttünk a melegbe (nem disznóvágásra áll itt az idö, mint éppen mostanában Európában) pár ezer kilóméterrel feljebbre, Chile fövárosába, Santiagóba. Érdekes hely ez is, hegyek veszik körül, a Cerro Plomo például 5400-m magasan ékeskedik, havasan, a város láthatárán. Itt is találtak egy Inka gyermekmúmiát, a csúcson. Sok kis hegy díszíti a várost, az egyiken (cerro San Cristóbal) két fürdö is található. Meglátogattuk a nagy melegben a magassabikat, a képeket megnézheti mindenki a Picasa-n. Hasonlít a budapesti fürdökre, kilátással a városra s a hegyekre. Most èppen dög meleg van Santiagòban (35 ès 40 fok között).


Közben 4 napra átmentünk a közeli Valparaiso kikötövárosba, ez Chile második legnagyobb városa, egy órára Santiagótól. Érdekes müvész és egyetemista hangulata van. A város nagyrésze dombokból áll: Cerro Alegre, Cerro Concepción. A bádoglemezzel fedett házak mind színesek, és a falakon hangulatos rajzok, freskók meg tiltakozó felíratok találhatók, vonatkozások az elmúlt diktatúrára például. Most meg várjuk Miki testvérit, Richard-ot, ès tikkadozunk a hösègben a fövàrosban.

Puszilunk mindenkit,Réka

Chers lecteurs,

Nous sommes remontés au chaud, dans la capitale du Chili, et c'est pas un temps à couper du cochon (et le conditionner comme en Transylvanie). Santiago est une ville á taille humaine comme on dit, suffisamment aérée pour une métropole, cerclée de sommets allant á 5400m (Cerro Plomo, oú une momie enfant inca fut égelement découverte). La ville compte également quelques collines, dont l'une (Cerro San Cristóbal) comporte au sommet deux piscines ouvertes, panoramiques. Vu la chaleur de la ville, on ne s'est pas fait prier. Puis profitant de la proximité de Valparaiso, nous y avons fait un détour: c'est la 2éme plus grande ville du pays, et son 1er port.

Valparaiso est drôle comme ville, comptant des collines partout, elle aussi. Les maisons sur les collines (Cerro Alegre, Cerro Concepción) ont des murs colorés, en tôle ondulée, avec des fresques et tags de toutes sortes, militantes et contestataires (témoins du retour á la liberté d'expression suite á la dictature militaire), ou artistiques et drôles. Des vrais chefs-d'oeuvre! N'hésitez pas á aller jeter un oeil sur les photos picasa, sur les deux albums: Santiago et Valparaiso. Et lá on attend Richard, le frère de Nico, et il fait TRÈS chaud à Santiago.

Bises á tous, Réka


Valparaiso

Santiago

mercredi 3 février 2010

Cap Horn-fok

Album Photos Képek
Crucero Australis


Punta Arenas est une ville portuaire du détroit de Magellan, au Chili. Avant l'ouverture du canal de Panama en 1914, ce fut le principal port pour la navigation entre les océans Atlantique et Pacifique car les navires y étaient préparés pour le difficile passage du cap Horn.
Il y a une chose intéressante dans cette ville: le cimetière! Que des noms á consonnance croate... puisque 50% de la population de Punta Arenas est... d'origine croate! Clin d'oeil spécial à Sonia et Goranka.
Nous sommes tombés sur un billet "last minute" pour atteindre Ushuaïa en bateau, en contournant le mythique cap Horn. Après quelques hésitations, nous voilà donc embarqués à bord du Via Australis, un bateau de croisière à la clientèle tout sauf backpacker. Je ne vais pas décrire les 4 jours sur le bateau (bar à volonté, repas délicieux... on a encore pris 3 kg, et viré un peu plus vers la dépendance dionysiaque), juste résumer les activités: visite de fjords, glaciers, manchots, lions de mer, tourbières à castors, et course en zodiac avec les dauphins de Peale (ils adorent le bruit du moteur à ce qu'il parait).

Mais la légendaire extrême sud du continent est restée fidèle à sa réputation : grosses pertes humaines en cabine, surtout dans la tranche d'âge 69-79 ans, à type de fauteuil qui se renverse tout seul, de crâne chauve qui s'ouvre, etc. D'après un sympathique médecin navigateur Suisse de notre table: la devise en mer c'est "une main pour le bateau, une main pour moi". Règle absolue lorsqu'on affronte des vagues géantes (pour ma sensibilité nauséeuse en tous cas), vent, pluie, juste pas d'icebergs... Ainsi avons nous passé le 56ème parallèle sud, le mythique cap Horn (cf video á la fin).
Bises, Réka



Punta Arenas-ban szàlltunk meg a "W" túra utàn. Egy furcsa chilei kikötövàros a Magellàn szorosban, bezàrkózott unott emberekkel, talàn a zord szeles esös idö miatt (itt a képen éppen süt a nap). Hamar tovàbb is mentünk volna, ha nem akad egy "last minute" jegy egy hajóra, amivel 4 nap alatt elérhettük Ushuaïa-t, a legdélibb vàrost a Földön, Argentinàban. Punta Arenas arról híres, hogy a lakosok 50%-àt horvàtok alakítjàk.
...Amit irtam 3 óran keresztül, mind elveszett, tehát óriási türelemmel mégegyszer nekilátok, de nem olyan böven sajnos. Hanem megint elkésik ez az oldal közzététele, s készen van már Miki a következö beszamolóval.

Punta Arenasból hajóra szálltunk, mert találtunk egy "last minute" jegyet. Igy 4 nap alatt a fjordokon keresztül elértük a kontinens legdélibb városát, Ushuaïa-t. Hihetetlen út volt, szerettem volna megosztani mindenkivel aki ezt olvassa.
A Tüzföld állatvilága föleg madarakból, pingvinekböl, fókákból, s néhány delfinböl áll (versenyt úsznak a zodiac-csónakkal, szeretik a motor hanjgát). A hódot 1956-ban telepítették ide, a bundája miatt, de elszaporodott, mert nincsen természetes ellensége, s mindent lerombolt, Mohos féle mocsárrá alakított egész erdöket.
A Horn-fok alatt àthajóztunk, hullàmos esös szeles vad idöben, mi lehetett itt annak idején?! Állitólag hajótemetö a Drake szoros. Sok öregember betörte fejét a hajónkon a legendàs 56-fokos déli párhuzamos alatt, a viharos hullámos tengerben. Ahogy mondta egy svájci tengerész és orvos az asztalunknàl: "egy kéz a hajónak, egy kéz nekem"... kapaszkodàsi tengerész aranyszabàly. Ime egy "illusztrativ" video, a Horn-foknàl.
Puszilunk mindenkit,
Réka, Miki

jeudi 21 janvier 2010

Torres del Paine

"Vous avez eu beaucoup de chance avec le temps".

Nous continuons donc notre route vers le Sud, on doit maintenant zigzaguer de plus en plus entre les lacs, les glaciers et les bras de mer qui déchirent le Sud du continent. Mais ce qui prend le plus de temps, c'est sans doute de passer les frontières entre l'Argentine et le Chili. Surtout dans le sens Argentine-Chili, les Chiliens sont particulièrement pointilleux sur les importations de fruits, légumes, fromages... Ils ont la curieuse habitude de tout fouiller. Et si on oublie une croute de fromage dans le fond du sac, direct au mitar. Alors on prend notre mal en patience, et on jette les trognons de pommes avant de passer la frontière. Nous voilà donc de nouveau au Chili, à Puerto Natales, une petite ville tranquille en bord de lac, où Réka a perfectionné l'utilisation de l'option "ciel étoilé" sur son appareil photo. Ca rend bien tout de même, non? N'hésitez pas à féliciter l'artiste, je vous promet qu'elle y passe du temps, et qu'elle s'applique.

Puerto Natales est aussi le point d'accès du parc national Torres del Paine. Au Sud de la Patagonie chilienne, ce parc a la réputation d'être le plus beau parc national d'Amérique du Sud. Rien que ça. Sauvage, montagneux, capricieux, immense, exigeant, Torres del Paine est pour tous les "trekkers", le climax du râle de Patrick... heu de la Patagonie (pardon). La marche la plus courue du parc est le "W", qu'on fait à l'endroit ou á l'envers, auquel cas, on fait le Evelbuod. Ce qu'on dit moins dans les guides, c'est qu'il y fait rarement beau, en tous cas, quand il y fait beau, c'est qu'il va pleuvoir.


Si Réka avait rédigé ce message, elle aurait sans doute cité la marionnette de Lionel J. "Temps de m.... Pays de m...." Elle dirait sarcastique: "De quoi a-t'on besoin pour la Patagonie chilienne? Parapluie, appareil photo étanche, bottes, Gore-Tex, vetements de rechange, de bcp bcp de chance avec la météo, et d'un moral d'acier... euh inoxydable... Lunettes de soleil, crème solaire, maillot de bain: inutiles meme en plein coeur de l'été..." Mais elle aurait tort, nous n'avons pas eu que de la pluie, nous avons aussi eu beaucoup de vent. Souvent les deux. Et finalement, dans les moments clés, on a presque toujours été récompensé par une apparition furtive du soleil.

Pourquoi le W? Parce que l'itinéraire ressemble à un W, ou plutot un dobleU, á chacune des 3 pointes supérieures du W, il y a quelque chose de superbe à voir: le glacier Grey, los Cuernos (des monolithes en forme de cornes de rhinos) et les Torres (les 3 tours). Il faut compter 4 jours pour finir le parcours. Comme la rando est courue donc, nous n'étions pas seuls. Bien loin de la solitude de notre Lacar. C'est même souvent la loi du plus fort, ou du plus rapide pour trouver l'emplacement le plus plat pour poser la tente et faire sa popote au sec. Mais, on commence à être bien aguerris, et on a jamais hésité à lever le camp avant 7:00, ou au besoin, à distribuer des pains ou démâter les voisins.
Finalement, quand nous sommes rentrés, après avoir pris une bonne douche, et enfilé des affaires sèches, nous avons été très surpris en nous regardant dans la glace de constater que nous étions très bronzés. On parle du trou dans la couche d'ozone...
Mais nous préferons croire qu'après tout, nous avons eu beaucoup de chance avec le temps.
A bientôt,
Nicolas.

Et pendant que nous soignons nos ampoules et nos pieds gonflés à coup de pisco sour, nous vous invitons à jeter un coup d'oeil aux superbes photos de Torres del Paine en cliquant ci-dessous:
Torres del Paine

mercredi 30 décembre 2009

Pucón & Valdívia & El Bolsòn & 2010

Bonne annèe 2010!
Boldog ès bèkès Ùj Èvet kìvànunk mindenkinek!

Mèmento depuis le dernier post: aprés la région des lacs... voici la région des lacs côté chilien, mais autant dire la région des pluies. Si on avait un doute, maintenant on n'en a plus: les nuages gorgés d'eau du Pacifique se bloquent á l'ouest de la Cordillère, et le ciel coule littéralement, nos fringues aussi, jusqu'au fond du sac, tout dégouline d'eau... Ah c'est le bonheur. La population locale est amphibie, elle se ballade sans se soucier des gouttes, c'est l'adaptation darwinienne.
D'abord Pucón: on va de surprises en surprises depuis qu'on a traversé la frontière. C'est bondé de backpackers, de touristes, de restos chers et branchés, d'hotels chers, il n'y a rien d'authentique. On y est venus juste pour grimper sur le Villarica, un volcan actif, histoire de voir de la lave en fusion, mais: c'est très cher avec agence (10 fois plus que sans)... et sans agence il te faut une accréditation d'alpinisme de ton pays d'origine (du jamais vu) et il n'y a plus de lave en fusion de toute façon. En gros, il te faut soit de la paperasse, soit une liasse de billets).Ma prèsence au Chili a au moins servi pour une consultation de médecine générale á une Allemande, que j'ai fini par envoyer á l'hopital pour une échographie. Il n'y a pas de photos sympas de cette règion vu qu'il pleuvait tout le temps.

On est partis de Pucón, et par hasard, au gré des connexions de bus, on a atterri á Valdívia. Des trombes d'eau égalemement, mais un cinéma sympa, avec le film Avatar au programme histoire de récupérer l'ambiance morose de la journée. Valdívia a aussi un petit port de pêche, et avec le retour du soleil, c'était un vrai plaisir: étals de bestioles bizarres, de moules géantes, et de lobos marinos (des lions de mer austral) guettant les morceaux qui tombent de la table de découpe. Voir sur picasa pour les photos qui feraient pâlir le capitaine Némo..
Puis retour en Argentine, à El Bolsòn, où nous avons fêté
l'arrivèe de 2010 en compagnie d'autres touristes et des farfadets bensûr (ils sont très farfadets par ici, comme on dit:-)
Bises à tous, Rèka et Nico du pays des lutins

Kedves olvasòk,

Chilèn hamar tùlestünk, csorog az èg, àllandòan esik. A Csendes òceànról itt szakad ki az ég, a hegyek innensö oldalàn. Pucòn nagyon tùrisztikus vàros, csak a Villarica vulkànèrt mentünk arra, de kiderült hogy Chilèben ha egyedül akar màszkàlni az ember, akkor vagy egy marèk pènzzel àllìrt elö vagy egy papìrkàval, ami bizonyìtja hogy van tapasztalata a hegyekben. Üzlet az egèsz, felhàborodik az ember ilyenkor, Argentinàban szabadabb a hozzàfèrhetösèg a termèszethez. Szerencsére ùgysem vesztettünk sokat: a láva most pihen, nem vicsorog a piros izzó színeiben. Egy èrtelme azèrt volt a pucòni megszàllàsnak: segìtettem egy Nèmet lànyon, akinek trombòzisa volt... a chilei doki elnèzte.
Átbuszoztunk Valdívia városba. Ott is csorgott az ég, de hasznosítottuk a várost egy jó mozival: az Avatar mesefilmmel, hangulatos, szép film. Valdíviàban van egy gazdag halpiac is. Minden tengeriherkentyü talàlható, azt sem lehet tudni hogy fut-e, csúszik-e, màszik-e, vagy csak alga. A képeket a Picasa-n lehet megpillantani. Némo kapitàny is meglepödne, mik talàlhatók ott. S visszajövénk Argentinàba, Szilveszterre, El Bolsón vàrosba. Törpék, szellemek, túndérek vàrosa, garantàljàk a helybeliek hogy léteznek, s látták öket:-)
Puszilunk mindenkit, és köszönjük az elsö magyar hozzàszólàst a blogon!
Réka, Miki



Región X

samedi 19 septembre 2009

San Pedro de Atacama

Nous avons marché sur la Lune...
San Pedro de Atacama, ou la cité des étoiles... est un pueblo logé dans un paysage mi lunaire-mi martien hyper-aride...
Il s'agit d'un site exceptionnel pour l'astronomie, en raison de la sécheresse extrême du lieu ainsi que de l'absence de pollution lumineuse.
Nous y avons passé une semaine, il faisait bon de se réchauffer au doux climat de San Pedro, après les nuits glaciales de l'Altiplano... Pour tous ceux (et celles, n'est-ce pas Maï?!), qui se demandent pourquoi nous portons des pulls alors qu'on voit un grand soleil sur les photos... La réponse est simple, ici c'est l'hiver en ce moment, et sur les hauteurs (3000-4000m pour l'Altiplano) il fait très froid, même le jour, surtout en raison du vent.
San Pedro est un village Baba Cool... comme tous les pueblos un peu au chaud dans les Andes, finalement (Vilcabamba par exemple). Il y a un tas d'activités aux alentours: à vélo (encore...) pour se rendre à la Vallée de la Lune, et aux grottes de sel. Ou à pied pour visiter Quitor, ou la Vallée de la Mort où les sandboarders beaucoup TROP cools foisonnent, en se frottant les yeux à longueur de journée, et en crachant du sable (eh oui, sur les dunes de sable, le vent souffle fort)...


Cette activité-là, aucun de nous 3 ne la regrette.
Sur ces photos on aperçoit la Vallee del Muerte... lieu magique, encore une fois... Nous avons grimpé sur le plateau qui borde les dunes... (pas facile avec des petites jambes). Bbidou a adoré cette excursion du dernier jour!
Et pour finir le séjour, Sybille (notre amie Suisse) et moi avons observé les étoiles chez Alain, un astronome français installé ici... avec une agence, le Spaceobs, que je conseille à tous si vous venez par ici!
Pour les autres photos, RV sur picasa...
Bises, Réka

A "Holdon jàrtunk...", mondaná Tintin, egy francia képregényhös...


Az Atacama egy kavics- és homoksivatag Chile és Peru területén, az Andok és a Csendes-óceàn között. A sivatag közepén, 2000 m magasságban egy oázisban van a San Pedro de Atacama nevű falu (olyan Baba Cool hippi hangulatú, mint minden meleg falu a magas hegyek mellett).

Az Atacama-sivatag az egyik legszárazabb hely a Földön: ezért csillagàszati szempontból kivàló hely.
Az Európai Déli Obszervatórium (ESO) két nagy csillagászati obszervatóriumot üzemeltet az Atacama-sivatagban: abból az egyik a Paranal Obszervatórium, amely magába foglalja a VLT-t (Very Large Telescope) is. Oda sajnos nem jutottunk el... De San Pedro-ban egy francia csillagàsz a turistàk részére rendez csillagàszati estéket a Spaceobs hivatalàval.

Ellàtogattunk viszont a Valle del Muerte és a Valle de la Luna sivatagokba, amik maximum 15km-rre fekszenek a falutól. Sóbarlangra is talàltunk (cf picasa képek).

A Valle del Muerte tele van túl vagàny sandboarder-ekkel... súroljàk a szemüket szegények egész nap, a homok miatt... mert erös a szél a homoksivatagban. Mi egyszer nem bànjuk hogy nem homokdeszkàztunk :-) François-nak is nagyon tetszett ez az utolsó nap.

Puszi, Réka

És itt vannak a fotók - Et voici les photos


Atacama, Chile