vendredi 25 septembre 2009

Salta la belle

Bonjour à tous,

Bebidou nous a donc quitté, il a décidé de prendre son sac à dos et de marcher seul pendant 10 mois ou plus vers la pointe Sud du continent. On a bien essayé de le retenir, mais il n'y avait rien à y faire, il était décidé, résigné, heureux. On s'est donc retrouvés tous les deux, au Nord du Chili, un peu désoeuvrés. "Qu'est ce qu'on fait maintenant?, Ou est ce qu'on va?". Alors quand on sait plus trop ou aller, on suit le plan, et on a un plan, une idée fixe: la grande traversée. Attendre que le printemps soit plus franc pour descendre vers le Sud et en attendant, direction plein Est pour rejoindre les plages de l'Atlantique: ces belles plages de cartes postales avec du sable fin, les cocotiers royaux, le soleil sans voile, les vagues rutilantes, les poissons d'argent et surtout, surtout...

Bref, on s'est dit qu'on reviendrait au Chili plus tard et on a filé vers le Nord de l'Argentine. Encore un passage de frontières un peu surréaliste au Paso Jama, en plein milieu d'un désert, avec juste quelques guitounes qui vendent des sandwich gras, une queue bolchévique dans le froid et le vent pour faire tamponner son passeport, des gens qui font des malaises et des officiels en uniforme mal organisés et vraiment pas très aimables. Réka m'a retenu de leur dire ma façon de penser. On s'est donc concentré sur la beauté du paysage avant d'arriver à Salta, la grande ville chic et sport du Nord-Ouest Argentin. Et quelle surprise à la descente du bus de voir une inconnue qui tenait un panneau: "Réka et Nicolas". Dubitatif, j'hésitais entre canular ou célébrité, à part Bebidou qui à l'heure où j'écris a déjà fait 150km vers le Sud, il n'y avait pas grand monde qui savait qu'on allait à Salta.

Nous avions rencontré Martin dans notre auberge de Quito, il y a plus de 3 mois. Martin est Saltaniais, ce n'est pas un gros mot, ca veut juste dire qu'il vient de Salta, la grande ville chic et sport du Nord-Ouest Argentin. Martin est thérapeute psychologue addictologue, c'est à dire qu'il soigne des jeunes et des moins jeunes de leurs addictions à la drogue, à l'alcool, au rap, aux crottes de nez, au surmenage professionnel, aux jus d'orange, mais surtout et de plus en plus aux jeux vidéos, à Internet, et pire que tout à facebook. Martin, lui a une addiction: il connaît toutes les compagnies, les itinéraires et les horaires des bus qui circulent en Amérique du Sud. Ce qui fait que quand j'ai envoyé un mail à Martin quelques jours avant de partir pour Salta pour lui dire qu'on comptait se rendre dans sa ville en fin de semaine, son énorme cerveau encyclopédique avait dájà calculé que nous arriverions chez lui le samedi 19 septembre 2009, à 20:30 sur la voie 19 du terminal de bus. Et il y avait envoyé sa soeur pour nous récupérer, pendant que son autre soeur préparait des empanadas pour le diner. On était donc sur le cul, et vraiment ravis de cette invitation spontanée et inattendue.

Martin est en route pour nous rejoindre, mais malgré ses talents de cartographe, il va lui falloir une bonne semaine pour nous retrouver. Nous avons pris le parti de l'attendre gentillement à Salta, la grande ville chic et sport du Nord-Ouest Argentin et dans ses environs. Alors on s'habitue petit à petit à l'accent argentin qui ne cesse de nous surprendre, on goûte à des vins épatants et à des steaks délicieux. On profite de la sophistication de Salta pour se refaire une beauté et une santé. Réka s'est fit un piercing chic dans le nombril et moi un tatouage sport sur l'épaule gauche. On regarde passer les gens sur la place principale: les filles s'habillent chic avec des chaussures rouges, et les garçons sont tous des artistes de la brillantine. Aussi, entre la R4 et la R21, avec une majorité de R12 et même un bon paquet de Fuego tunées avec bon gout, il y a toute la gamme Renault des années 60 aux années 80 qui parade à chaque coin de rue en prouvant la vaillance de ces vieux modèles.

Nous sommes aussi allés passer quelques jours dans le village de Cachi et dans les vallées Calchaquies et ses paysages de Western à couper le souffle. Je crois que je n'aurai pas été surpris de voir le Big Duke arriver avec sa gouaille et son six coups.

Réka me fait remarquer que j'ai écrit beaucoup de bétises dans ce message. Elle dit sans doute à juste titre que je commence à manquer d'activité intellectuelle et que je m'abêtis. Alors si vous voulez nous rendre service, n'hésitez pas à nous envoyer (comme mon frère en a déjà eu la bonne idée) des rébus, enigmes ou autre mot-gigogne.
Merci, et à bientôt.
Nicolas,
pour les photos de Salta, la grande ville chic et sport, cliquez ci-dessous:
Salta

samedi 19 septembre 2009

San Pedro de Atacama

Nous avons marché sur la Lune...
San Pedro de Atacama, ou la cité des étoiles... est un pueblo logé dans un paysage mi lunaire-mi martien hyper-aride...
Il s'agit d'un site exceptionnel pour l'astronomie, en raison de la sécheresse extrême du lieu ainsi que de l'absence de pollution lumineuse.
Nous y avons passé une semaine, il faisait bon de se réchauffer au doux climat de San Pedro, après les nuits glaciales de l'Altiplano... Pour tous ceux (et celles, n'est-ce pas Maï?!), qui se demandent pourquoi nous portons des pulls alors qu'on voit un grand soleil sur les photos... La réponse est simple, ici c'est l'hiver en ce moment, et sur les hauteurs (3000-4000m pour l'Altiplano) il fait très froid, même le jour, surtout en raison du vent.
San Pedro est un village Baba Cool... comme tous les pueblos un peu au chaud dans les Andes, finalement (Vilcabamba par exemple). Il y a un tas d'activités aux alentours: à vélo (encore...) pour se rendre à la Vallée de la Lune, et aux grottes de sel. Ou à pied pour visiter Quitor, ou la Vallée de la Mort où les sandboarders beaucoup TROP cools foisonnent, en se frottant les yeux à longueur de journée, et en crachant du sable (eh oui, sur les dunes de sable, le vent souffle fort)...


Cette activité-là, aucun de nous 3 ne la regrette.
Sur ces photos on aperçoit la Vallee del Muerte... lieu magique, encore une fois... Nous avons grimpé sur le plateau qui borde les dunes... (pas facile avec des petites jambes). Bbidou a adoré cette excursion du dernier jour!
Et pour finir le séjour, Sybille (notre amie Suisse) et moi avons observé les étoiles chez Alain, un astronome français installé ici... avec une agence, le Spaceobs, que je conseille à tous si vous venez par ici!
Pour les autres photos, RV sur picasa...
Bises, Réka

A "Holdon jàrtunk...", mondaná Tintin, egy francia képregényhös...


Az Atacama egy kavics- és homoksivatag Chile és Peru területén, az Andok és a Csendes-óceàn között. A sivatag közepén, 2000 m magasságban egy oázisban van a San Pedro de Atacama nevű falu (olyan Baba Cool hippi hangulatú, mint minden meleg falu a magas hegyek mellett).

Az Atacama-sivatag az egyik legszárazabb hely a Földön: ezért csillagàszati szempontból kivàló hely.
Az Európai Déli Obszervatórium (ESO) két nagy csillagászati obszervatóriumot üzemeltet az Atacama-sivatagban: abból az egyik a Paranal Obszervatórium, amely magába foglalja a VLT-t (Very Large Telescope) is. Oda sajnos nem jutottunk el... De San Pedro-ban egy francia csillagàsz a turistàk részére rendez csillagàszati estéket a Spaceobs hivatalàval.

Ellàtogattunk viszont a Valle del Muerte és a Valle de la Luna sivatagokba, amik maximum 15km-rre fekszenek a falutól. Sóbarlangra is talàltunk (cf picasa képek).

A Valle del Muerte tele van túl vagàny sandboarder-ekkel... súroljàk a szemüket szegények egész nap, a homok miatt... mert erös a szél a homoksivatagban. Mi egyszer nem bànjuk hogy nem homokdeszkàztunk :-) François-nak is nagyon tetszett ez az utolsó nap.

Puszi, Réka

És itt vannak a fotók - Et voici les photos


Atacama, Chile

mardi 15 septembre 2009

Salar de Uyuni & Altiplano

Bonjour à tous, Üdvözlünk mindenkit!

Voici notre dernier article de Bolivie: la traversée du Salar (lunaire) et du désert de l'Altiplano (martien), avec ses lagunes, ses volcans multiples pourpres et sablonneux, ses renards affamés, ses flamands toujours plus roses, ses geysers soufrés bouillonnants logés à 5000m, ses vents et ses couchers de soleil d'un autre monde... C'est cet endroit, que nous avons trouvé le plus magique depuis le début du voyage - et aussi le lever de soleil sur le Huayna Potosi pour ma part =).
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Ez boliviai utolsó bejegyzésünk, keresztül a holdvilági Salar de Uyuni-n és a Marshoz hasonló Altiplano-n. Marsra a vulkanikus eredete miatt hasonlít, a tüzhànyók homokja vörös. Talàlkoztunk éhenkóràsz rókàkkal, rózsaszín flamingókkal, 5000m-en rotyogó gejzírekke. Eddig ezt a heleyet talàltuk a legcsodàlatosabbnak az egész utazàs alatt (kivéve a Huayna Potosí-n 6088m-en a napfelkeltét, legalàbbis részemre).


Pour ceux qui avaient suivi les aventures du colonel O'Neill... alias le bon vieux Richard Dean Andreson :-) on retrouve par ici des décors de StargÅte-SG1, et on s'attend à tomber sur une Porte des Étoiles derrière chaque dune de sable...

Aki ismeri a StargÅte-SG1 sorozatot, az megérti hogy nem lepödnénk meg ha minden homokdomb mögött egy Csillagkapura bukkannànk. Földöntúli a helyiség, ameddig ellàt a szem.
Il n'y a pas de mots pour tout décrire: donc restent les photos où le fait de venir un jour par soi même ressentir la magie des lieux. Et la bonne surprise est que même si on a vu et revu les mêmes photos de ces endroits, et qu'on craint de ne plus être charmé et surpris, le charme opère, et la découverte reste intacte. François aussi avait l'air d'apprécier.
Bises á tous, Réka.
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Szavakkal nem nagyon lehet leírni, maradnak a fotók, vagy a személyes helybeli tapasztalat. Az az érdekes, hogy annak ellenére hogy tucatnyira làtta màr az ember ezeket a képeket, a meglepetés teljességében megmarad. A François baràtunknak is nagyon tetszett (ö jàrt volt otthon 2006-ban a poétàval).

Puszilunk mindenkit,
Réka

Et ci-dessous, la Porte des étoiles vers les photos de Mars et de la Lune

Sud Lipez

mercredi 9 septembre 2009

Potosucre

Après la Paz, nous sommes allés à Sucre et à Potosi, deux belles villes coloniales de Bolivie. Et si nous décidons de faire un seul message sur ces deux villes, ca n'est pas uniquement par parresse, mais aussi parce que l'histoire et le destin de ces deux villes a longtemps été lié.

Nous avons mis 40min pour faire les 420km entre La Paz et Sucre, en avion, un de ces rares avions qui peut décoller et atterrir à plus de 4000m d'altitude. Et nous avons mis 7h pour faire les 80 km qui séparent Sucre de Potosi, en ferrobus, un bus monté sur des essieux de train qui utilise une vieille voie ferrée, vaguement réhabilitée. Le chauffeur passe les vitesses, klaxonne et tient même un volant, parce que le bus déchausse assez fréquemment des rails, pas toujours très rassurant, mais ca passe. Bref, c'est pas encore le Modalhor du tunnel de Fréjus.

Le trajet est superbe, et ce service de train récemment remis en place par Evo Morales permet en fait de desenclaver certains petits villages de la région qui ne sont desservis par aucune route.

A Sucre, il fait beau, chaud, le climat est agréable, la culture est facile, les rues sont propres, larges et droites, on roule au GPL, on pratique le tri sélectif et on fait la fête tous les soirs sur le plaza du 25 Mayo.
Potosi perchée à 4070m, est l'une des plus hautes villes au monde, bien plus haute de Lhassa, les rues y serpentent pour essayer de freiner les bourrasques de vent glaciales qui s'y engouffrent, on balance les poubelles où on peut, il n'y a pas grand chose qui pousse, les collectivos des mini-bus d'occasion tous importés du Japon avec au moins 200 000km au compteur polluent et consomment le peu d'oxygène qu'il y a. On a bien regardé avec Bebidou comment ils font pour changer la direction de coté, c'est de la bidouille: ralonges pour les pédales, systeme de bielle pour rattraper la crémaillère et le tableau de bord reste à droite. Donc pas possible de voir la vitesse en conduisant.
Bref, deux ambiances qui contrastent nettement entre Sucre et Potosi.

Les conquistadors espagnols n'ont jamais trouvé l'eldorado, mais en 1545 ils ont trouvé Potosi et son volcan le Cerro Rico qui a alimenté l'Europe en argent pendant plusieurs siècles. Si bien que Potosi a longtemps été la plus grande ville d'Amérique du Sud. Apparement, on ne sait pas très bien combien de tonnes d'argent ont été extaites de Potosi, mais il parait qu'il y en aurait suffisamment pour construire un pont d'argent entre Potosi et Madrid. Ce qui est plus sur et nettement moins groovy, c'est que pas loin de 8 millions de mineurs, pour la plupart des esclaves indiens et africains sont morts dans ces mines. Jusqu'à l'indépendance de la Bolivie en 1825, les pièces d'argent étaient frappées directement à Potosi et étaient valables dans toutes les colonies espagnoles.
Pourtant, je crois me rappeler que mes professeurs d'histoire ont souvent expliqué que la couronne d'Espagne et les Habsbourg n'ont pas su profiter de cette manne, la moitié de l'or et l'argent était d'abord récupérée par les corsaires anglais et francais, l'autre moitié était dilapidée en froufrou par ces dames castillanes, principalement au profit des drapiers du Nord de l'Europe. A cette époque Colbert disait: "Plus un état fait de commerce avec l'Espagne, plus il possède d'argent". Comble de l'ironie, les pièces de monnaies boliviennes sont aujourd'hui frappées en... Espagne.

Depuis le XVIIIème , il n'y a plus beaucoup d'argent à extraire de Potosi, donc la population a été divisée par 4. On y trouve encore pas mal de zinc, d'etain et de plomb et la population de la ville reste majoritairement minière.
Mais depuis le début de l'histoire minière de Potosi, c'est surtout Sucre qui profite de toutes ces richesses, car la plupart des personnes qui se sont enrichies et qui s'enrichissent encore de l'exploitation minière de Potosi préfèrent s'installer à Sucre, y construire de superbes maisons, voire des palais, rouler au GPL, recycler leur déchet et profiter du climat plus clément.
Nicolas. Liens vers une vidéo du petit train et vers les photos de Sucre et Potosi ci-dessous.

PS de Réka: il y a un livre très bien écrit qui retrace l'histoire du continent, avec des descripions économiques et historiques, également sur Potosi et Sucre: "Les veines ouvertes de l'Amérique Latine" par Edouardo Galeano. Un excellent livre, je vous le conseille, surtout pour ceux qui sont déjà venus sur ce continent (merci Charlotte et Véro pour ce cadeau)
Vidéo du petit train
Sucre Potosi

samedi 5 septembre 2009

La Paz, Bebidou et l'instant (vt)T

La Paz est décidement une drôle de ville, cahotique et ennivrante. L'eau y bout à 80 degrés, on peut y acheter des foetus de lamas séchés qu'il faut enterrer sous les fondations d'une nouvelle construction, ca sent très fort les pots d'echappement ou les herbes de sorcières et en raison de l'altitude l'équipe de foot locale est pratiquement invincible à domicile. On dit que c'est la capitale la plus haute du monde, mais c'est seulement la capitale administrative de la Bolivie, la capitale constitutionnelle est Sucre, donc il y a sans doute un débat qui fache les Sucroïtes et les Paziens. D'après mes souvenirs, je dirai timidement que c'est Sucre qui l'emporte, mais je ne veux facher personne, surtout pas les Pazassiens qui sont des gens charmant, alors je laisse aux experts en droit constitutionnel tribune ouverte. A La Paz, les riches vivent en bas, vers 3000m et les moins riches vivent en haut, dans l'ex banlieue de La Paz qui est devenu une ville à part entière El Alto, vers 4000m d'altitude. Nous avons effectivement constaté que la bouteille d'eau coutait de plus en plus cher vers le bas de la ville, et qu'il y avait plus de cravates sous les 3450m. A La Paz, il faut se couvrir parce qu'on attrape assez facilement une insolation, et dès que le soleil se couche, la température chute très rapidement.
Sinon, la vue de la ville est vraiment epoustouflante. La Paz est construite sur les flans d'un canyon, on se demande comment ca tient.
A Tokyo, il m'est déjà arrivé de me dire: "tiens, je pourrai aussi bien me trouver sur une autre planète". Et bien La Paz m'a fait la même impression.

Trois évenements principaux ont marqué notre passage dans la capitale: notre virée à plus de 6000m, les retrouvailles avec Bebidou et une descente en VTT mémorable où les conseils du jeune Croutzeilles nous ont bien manqué.

Pour l'ascension du Huayna Potosi, Réka a déjà tout raconté. Tout ce que je peux ajouter, c'est que ca y est, une semaine après nous sommes bien remis.

L'héroique Bebidou que je ne présente plus nous a retrouvé, après 14h de vol, 34h de bus et de multiples rencontres avec les jeunes beautés de la région. Il est en forme, s'est accoutumé à l'altitude, au soleil et au régime alimentaire avec une facilité deconcertante. Il a toujours son légendaire sens de l'humour et chantonait Mikael Jackson au lever ce matin et surtout il nous a déjà mis au courant de tous les potins mondains que nous avons loupé ces trois derneirs mois. En tous cas, nous lui sommes très reconnaissant d'être venu d'aussi loin juste pour nous voir, et on se fait une joie de faire un bout de chemin avec lui. Comme convenu, nous l'attendions avec une bière fraiche et nous avons pris une photo: "Bebidou et sa Bebida" Pour ceux qui parlent un tout petit peu espagnol, c'est assez drôle.

Il y a une route en Bolivie qui a la mauvaise réputation d´être la route la plus dangeureuse du monde. Ca se mesure simplement: nombre de mort par an, et la route qui relie La Paz à Coroico (vive la France) en comptait pas loin de 100. Nous avons tous vu ces reportages sur cette route de la mort, corniche taillée à flan de montagne, 4m de large, un à-pic de 500m par endroit, des effondrements de terrains et des chutes de pierres en permanance, et des poids lourds qui se croisent à longueur de temps, nuit et jour. Et pour finir, une émulation sportive relativement morbide entre chauffeurs routiers qui se dopent à la Pasqueña, la bière locale. Mais depuis deux ans, il y a une nouvelle route, asphaltée, large et presque sans éboulement de terrain qui est ouverte de l'autre coté de la montagne. Ce qui fait que l'ancienne piste entre La Paz et Cocorico est maintenant presque vide, reservée aux courageux sportifs (nous) qui ont la chance de descendre cette route en VTT, sans risquer de croiser un poid lourd imbibé. On part du col, à 4600m, couverts et gelés pour arriver 4h plus tard et 3000m plus bas dans un charmant village au climat presque tropical. En ce qui concerne le plaisir de cet exercice, les avis sont très partagés, je vais donc essayer de transcrire avec un maximum d'objectivité :-) les pensées de chacun:

Bebidou: "Sympatoche la double suspension, je vais prendre ce virage serré, ca passe tranquille, faut pas que j'oublie d'envoyer un sms à Stéphania, petite roue avant pour le style et je prends un peu de vitesse. Incroyable le Ford Chevy V8 qu'on a pris pour venir, c'est increvable ces bahuts, je suis sur qu'il a déjà plus de 5 tours au compteur. Ha je vais envoyer un p'tit mail à Marie-Galia, dérapage à gauche et hop je double. Tiens je suis sur que Christina serait super impressionnée, je vais me prendre en photo. Si j'avais le temps, je me ferai bien un petit tour du pays en Honda P50 ou plutôt en P70, à voir."

Réka: "Je ne contrôle absolument rien, c'est inconscient de faire ca, à chaque fois que j'ai pris un vélo je suis tombée. Si mon cadre avant casse, c'est foutu. Et si je crève? Et ils se croient tous malins à aller aussi vite, je suis sure qu'il n'y en a pas un seul qui pourrait aller au sommet du Huayna Potosi, Na. Mais pourquoi je me suis embarquée la dedans. Quelle m.... Bon, si c'est comme ca, je remonte dans le camion, je profite du paysage et je prends des belles photos."

Moi: "Ca plairaît à Jérôme C. cette bétise. En tous cas, ca fait mal aux fesses et aux mains, mais je dirai rien. Ha ha, ils vont tous vite en descente, mais dès qu'il s'agit de pédaler sur du plat ou en montée il n'y a plus personne. Attends voir, je vais leur montrer ce que c'est un vrai sportif: serre à gauche, GAUCHE, attention je passe. Et voilà, c'est qui le premier, hein, c'est qui le premier maitnenant? Tu fais moins le malin Monsieur Shawn Palmer de mes .... Vivement la reprise du triathlon."

Sur cette introspection qui m'a bien fait rire,

à bientôt.
Nicolas



Comme toujours, pour les photos, cliquez ci-dessous
La Paz

lundi 31 août 2009

Huayna Potosi: la cumbre!

Intro de Nico:

Quand nous étions à 5500m sur le Cotopaxi en Equateur, crevés et transis de froid et sur le point de faire demi-tour, Réka m'a dit : "C'est promis, je ne t'embêterai plus jamais avec des ascencions de glaciers, c'est pas pour moi". Enfin, je crois me rappeler qu'elle avait utilisé des termes un peu moins châtiers.

Le lendemain matin, elle me réveillait en me mettant sous le nez notre guide de voyage et me disait: "Regarde, il y aura plein d'autres occasions de grimper encore plus haut, à plus de 6000m, au Pérou ou en Bolivie, c'est chouette, non?"
Quand un peu par hasard, alors que nous étions à La Paz depuis à peine une heure, une agence nous a proposé de partir le lendemain matin pour faire l'ascension du Huayna Potosi, un sommet à 6088m, je ne savais donc plus trop quoi dire. D'autant plus que ma maman m'avait expressément demandé de ne plus grimper sur des glaciers, et elle a raison!

Réka a dit calmement: "ok, on y va", et donc on y est allé. Mais je vais laisser Réka vous raconter tout ca. Et que tout le monde se rassure, on a décidé de ne plus rechausser de crampons avant un bon bout de temps, en tous cas, on ne tentera pas d'aller plus haut.
Nicolas
Röviden lefordítom Mikike bekezdését: a Cotopaxi utàn nem akartam többet gleccseres hegyre màszni, a hideg miatt. De sok szép csàbító magas hegyet találtunk még az útunkon, s most volt alkalmunk ilyen hegyeket màszni. Európàban alacsonyabbak a csúcsok és gleccserek, de nehezebbek is a szeszélyes idöjàràs miatt. A magaslatot itt màr megszoktuk, s sosem leszünk ilyen alkalmazkodottak mint most, mivel 3 hónapja 3000 és 4000m között vagyunk. Mikike mamàja megkérte hogy többet ilyen magasra ne màsszon fel, a Pisco utàn. Ez a hegy utàn magassabra nem megyünk: e szép benyomàsnàl és sikernél megàllunk.


Bonjour à tous,

Nous sommes donc partis chargés comme des mules du camp de base situé à 4700m où nous a déposé le 4x4 de l'agence (mon sac pesait plus que pour le voyage habituel), pour rejoindre le camp d'altitude à 5130m. Une ambiance sympa règnait là haut, les murs sont décorés des divers témoignages sur la difficulté de l'ascension, et sur l'appartenance patriotique. Après un bon souper, petit jeu de cartes Uno, et au lit à 18h30. Evidemment, j'ai eu la chance de devoir me relever et traverser les matelas de 20 dormeurs (en fait seul le guide ronflait, sinon, tous on comptait les moutons en nous réchauffant dans nos duvets) pour sortir au petit coin en pleine nuit... un bonheur de quitter son duvet chaud!

Puis réveil (mouvementé pour certaines: mes chaussures ont échappé de justesse à la galette d'altitude de la voisine), bref petit dèjeuner, préparatifs, et départ à 2h du matin. L'équipement était vraiment de très bonne qualité, surtout en comparaison de celui qu'on avait au Cotopaxi. Pendant l'ascension, j'ai eu un peu froid aux orteils et aux mains, mais rien d'insupportable. Nico aussi était bien équipé, pour une fois ses chaussures étaient parfaites (dur dur quand on a un pied qui chausse du 45 et l'autre 47).
Nous sommes donc partis à la lueur de nos frontales, bien ancrés dans la cordée et bien attachés à nos crampons. Saturne nous accompagnait de sa brillance intense tout du long, quant à la Lune, elle nous a quitté peu après le départ. Dommage, car le glacier au clair de lune est époustoufflant!

Nous avons atteint le sommet après le lever de soleil, à 8h du matin (voir photos picasa), c'était magnifique, avec la Cordillera Real qui freine la mer de nuages de la jungle bolivienne.
La partie finale était très dure techniquement. Ils ont modifié le chemin depuis quelques temps, en raison d'une crevasse qui coupait le sentier. Mais ça valait le coup, cette "randonnée" au sommet du Huayna Potosi fera partie de nos plus beaux souvenirs.

Huayna Potosi, illetve az elsö Székelyleàny a csúcson:

Tehàt jól megterhelve nekiindultunk az 5130m-es menedékhàznak, hogy ott töltsük a rövid éjszakàt indulàs elött. Az utazàsi iroda terepjàrója 4700m-en tett le, onnan van a fotó a hegyi macskàról:-). A magaslati menedékhàzban jó hangulat fogadott, kb 20 túrista gyülekezett màr. Egy meleg leves utàn, s egy hangulatos nemzetközi kàrtyajàték utàn hamar ágyba mentünk (illetve meleg hàlózsákba, mert 5200m-en aludni csak a hegykalauzok tudnak).
S aztàn hajnalban 2-kor kurta reggeli, meg hosszú szerelkezés-készülödés. Súlyos az a sok kacat, de legalàbb meleg, s nem fàztam mint a Cotopaxi-n. A homloklàmpàinkkal nekiindultunk a csúcsnak, Andres hegyikalauz segítségével. A Hold szépen vilàgított, fehérlett az éjszakában a gleccser, majd lebujt, s tovàbb Szaturnusz tartotta az égboltot a Nap ébresztöjéig, s még utàna is a hajnali szürkületben. Hihetetlen és lenyügözö szépségü a napfelkelte a csúcsok és felhök felett. A boliviai dzsungelfeletti felhötengert a Cordillera Real-hegység fogja meg, keleten (cf fotók picasa-n). A csúcsra 8-kor értünk fel, mindketten. Én megúsztam hegyibetegség nélkül, de Mikike nehezebb körülmények között érte el a 6088 métert (a maratonosoknál gyakori).

Aztàn lassan lejöttünk, a napsütésben, a gleccseren. Hihetetlen sötét az égbolt olyan magasan, közelebb az ürhöz. Túlvilàgi!

Puszilok mindenkit,
Réka

La redescente aussi était magnifique, marcher sur un glacier, avec un ciel bleu foncé, plus près de l'espace que jamais - sauf en avion, mais ça ne compte pas =) - reste une expérience magique.
Voilà =)
Bises à tous
Réka
PS: Le Huayna Potosi, ou la première fille Sicul au sommet - jusqu'à preuve du contraire je considère que c'est moi:-)


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Huayna Potosi

jeudi 27 août 2009

Titicaca, Copacabana et bon anniversaire

"Cette fille-là on peut dire que c'est un cas.
J'aimerais la noyer dans le Titicaca ."
Dix Bolivianos au premier qui trouve l'auteur de cette chanson et dix de plus a celui qui cite la bonne lecon qu'il en a tiree.

Normalement, j'aurai du commencer le message avec une photo de Reka qui souffle les bougies d'un gros gateau d'anniversaire avec en toile de fond le fameux lac Titicaca. Mais voila, nous sommes en Bolivie maintenant et on etait prevenus, les connexions Internet et les ordinateurs, c'est plus tout a fait comme au Perou. Donc, pas de photos et pas d'accents pour l'instant, ca reviendra un peu plus tard. En tous cas, Reka etait tres contente que tout le monde (ou presque) ait pense a son anniversaire, y compris pour les nouveaux messages qu'elle est en train de lire a cote de moi sur facebook.

Avant de quitter le Perou, nous avons pris un dernier dejeuner dans le terminal de bus de Puno, en compagnie entre autre d'Amanda, une jeune et jolie Suisse, qui est un peu vegetarienne. Donc, elle avait bien precise qu'elle ne voulait pas de viande dans la soupe, ce que la serveuse avait bien compris. La soupe arrive, on plonge les cuielleres dans la soupe - ce qu'on en sort est toujours une surprise - et ca loupe pas, des morceaux d'os, des bouts de viandes, de peau... Au moins, il n'y avait pas de pattes de poulets. Bref, on appelle la serveuse pour lui dire: "ben flute alors, il y a de la viande dans la soupe, alors qu'on avait dit qu'on en voulait pas, Rrrrr" Et la serveuse de repondre: "Bande d'idiot, c'est pas de la viande, c'est des tripes".

Depuis deux jours, on bronze sur les bords du lac Titicaca, soit disant le plus haut lac navigable sur Terre. Superlatif qui me laisse dubitatif. Des que je trouve un lac un peu plus haut, j'y construit un petit radeau, juste pour faire mentir la legende. Ce qui est sans doute veridique ici. comme nous l'on raconte les gens qu'on a rencontre sur l'Ile du Soleil (lieu de naissance des Inca), c'est qu'une population d'intelligence superieure vit dans le fond du lac, en dehors du temps et de la matiere. Pour le temps, j'espere qu'ils ne s'ennuient pas trop. Mais pour la matiere, tant mieux pour eux, ca leur evite sans doute de se les geler dans le fond du lac. Enfin, il fallait voir nos tetes quand Bernardo, sexagenaire affable et excellent cuisto avec ca, nous a explique qu'une expedition sous-marine avait recemment etabli le contact Patrick Duffy, l'homme de l'Altlantide. C'etait dur de garder son serieux, d'autant plus que Bernardo etait quelqu'un de charmant , d'ouvert et que nous ne voulions vraiment pas le vexer. J'ai espere un instant qu'il se foutait de notre tronche, mais non. Alors on a embraye sur la localisation de l'etoile du Sud, sujet moins polemique.

On a rencontre un bon paquet de touristes sur l'ile du Soleil, tous plus ou moins malades a cause de l'altitude et du soleil. Pour ceux qui connaissent, nous avons evite une queue de renard en
sortant de notre chambre de tres peu.
On va sur l'Isla des Sol en bateau et le retour ne s'achete que sur l'ile... et coute deux fois plus cher que l'aller. Evidemment, si on est pas content, on peut toujours rentrer a la nage.

A part ca un lac aussi grand a presque 4000m d'altitude, ca en jette. En regardant les bancs de truites, on s'est dit qu'on avait beaucoup de chance de pouvoir continuer la ballade a l'heure de faire son cartable. Meme s'il faut bien admettre que la rentree litteraire va me manquer un peu.

Un peu de patience pour les prochaines photos, on espere trouver un Internet un peu plus performant a La Paz.

Nicolas.

Et maintenant qu'on est a la Paz, j'ai pu mettre le lien vers les photos du Titicaca, cliquez ci-dessous

Titicaca